Un secteur menacé

La répartition pharmaceutique subit aujourd’hui une dégradation sans précédent de son économie. Aux mesures brutales de régulation de ces dernières années, telles que les baisses de marge décidées en 2008 et 2012, se conjugue une diminution significative de son volume d’activité.

L’encadrement de la rémunération des répartiteurs comprend depuis 2008 un dispositif de plafonnement qui, compte tenu de l’évolution du marché, génère mécaniquement une dégressivité et réduit progressivement le taux de marge. Ce phénomène est accentué par la dynamique actuelle du marché du médicament, qui affichait à la fin de 2014 un recul de près de 1,9 %.

Au-delà du mode de calcul de ses ressources, la répartition a dû s’accommoder depuis une dizaine d’années de l’érosion continue des volumes qu’elle distribue. Un nombre de plus en plus élevé de boîtes de médicaments lui échappent au profit de canaux de distribution déchargés de toute contrainte, puisqu’ils n’ont aucune mission de service public. Pourtant, qu’elle soit distribuée par un répartiteur ou par un autre circuit, une boîte de médicaments bénéficie d’un prix public de vente qui intègre la même marge de distribution en gros. 

Une concurrence inéquitable 

Dans ce contexte, les ressources de la répartition ont diminué, depuis sept ans, de près de 17,1 % (en euros courants), quand l’ONDAM progressait de 21 %.

La poursuite de cette tendance menace l’économie de la répartition et, par conséquent, sa capacité à produire un service de qualité à un coût aussi faible qu’aujourd’hui (2,8 % du prix public).

En effet, et au regard de la structure de ses coûts (réseau à entretenir, niveau de stock à maintenir, frais de personnel, investissements liés à la qualité pharmaceutique, mise en œuvre de la traçabilité), la performance économique de la répartition au service de la collectivité est largement dépendante des volumes qu’elle traite : plus elle distribue de boîtes, et plus le coût du service qu’elle produit sera faible.

À terme, le développement d’autres circuits de distribution dans des conditions de concurrence inéquitables constitue une lourde menace pour le modèle économique de la répartition.

In fine, c’est l’intérêt du patient qui est en jeu à travers les conditions d’accès de chacun à son traitement.